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Published: 2010-06-04 23:23:50 +0000 UTC; Views: 273; Favourites: 1; Downloads: 5
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Description
Contexte : Ahadi et Uru se voient en secret, tous deux d'une fierté différente et dont les territoires respectifs sont espacés. Uru ne s'entend pas avec sa troupe.Elle est triste, elle se sent oppressée, manque d'air, a besoin de quelqu'un. D'une personne toujours là pour elle, par n'importe quel temps, à tout moment, toujours, et c'est ainsi depuis qu'elle l'a rencontré lorsque leur parent les ont rapproché, par leur besoin de respirer. Etrange, il l'intriguait et l'amusait à la fois. Elle l'a découvert et appris au fur et à mesure qu'ils grandissaient tous les deux. Plus grand et âgé qu'elle de peu, lorsque ses premières pousses de crinières sont apparues, elle s'amusait bien à le taquiner en lui tirant celle-ci. Toujours patient, il la laissait faire, la grondant quand c'en était trop, mais toujours il prenait soin d'elle et veiller sur elle. Elle le savait, et tous deux avaient grandis ensemble, se découvrant l'un l'autre même intimement.
Elle avait besoin de lui, et cette soirée claire et paisible portait sa voix jusqu'à lui. Il l'attendait et avait besoin de sa présence lui aussi, veilleur sur elle le rassurer lui-même, satisfaisait son instinct naturel. Ils laissaient donc fonctionner leurs hormones et leurs gènes, et leur symbiose était parfaite, pour toujours.
Il réfléchissait, comme à son habitude, regardant l'horizon et ses couleurs variant lentement à la course du soleil. Silencieux, il l'attendait, entendant ses interpellations.
Ahadi !?! Où es-tu ?! Ahadi ?!
Ses mots s'enfoncèrent dans la profondeur de la savane, s'approchant sans cesse de lui. C'est pourquoi tant qu'elle se rapprochait, il la laissait trouver d'elle-même son chemin. Elle aussi savait leur manière de fonctionner ainsi. Et d'ailleurs elle finit par voir la silhouette par sa jeune crinière se confondre à celle des hautes herbes de la savane.
Ahadi !
Courant vers lui, des pleurs de tristesse et de joie se mêlaient à un début de ronronnement qui se prononça dans toute dans sa profondeur lorsqu'elle l'atteignit et frotta son visage au sien. Leur pelage s'entremêlait, leur moustache s'entrechoquait, leur odeur se mélangeait. Ils ne faisaient qu'un.
Uru fini par se positionner flanc contre flanc avec le mâle, enfonçant sa tête dans la crinière sombre d'Ahadi qui sèche ses larmes.
A : Quel vent t'apporte ainsi ?
U : Ho, Ahad, c'est une tempête qui m'amène à toi.
Ce dernier l'enveloppa d'une patte tandis qu'elle pose la sienne sur l'autre.
A : Je le sais, raconte-moi.
U : Ma tête est pleine de tourments, un tas de brises qui s'accumulent en un ouragan qui me rend si désorientée.
A : Rejette-les. Souffle-moi tous ces soucis qui t'assaillent, après la tempête tu retrouveras l'aurore et les ancêtres qui nous guident.
L'écoutant attentivement en dépit du bourdonnement de pensées qui lui tambourinaient les tempes, elle ravala ses sanglots, s'apprêtant à recracher ce déluge qui l'inonde. Pour l'aider, Ahadi lui donne quelques lèches sur le front, avant que ne dévale le flot qui s'apprête à s'abattre.
U : Ma troupe est insupportable, aucun d'entre eux ne me comprend, tous sont plus aliénés les uns que les autres. Je m'enferme sur moi-même avec notre terre*. Je parle à chaque espèce que ma prédation n'effraie guère, je me sens vivre à travers les saisons qui passent. Je ne me sens bien qu'avec toi et chaque élément qui me font battre mon cœur. J'ai bien essayé de m'amuser avec eux, mais c'est toujours pareil, ça ne finit que par me sembler absurde et une perte de temps, plus qu'un vrai plaisir de vivre. Jamais je n'oublie nos ambitions, nos étoiles qui brûlent en nous, mais la mienne n'est alimentée par personne ni rien d'autres que toi et nos géniteurs originels, ainsi que tous nos liés dans le cycle de la vie. Attendre que vienne notre règne sous cet apparat qui sonne creux comme le vieux baobab mort, me parait infini.
Alors qu'elle continue son récit, ses yeux se refermaient sous la douleur d'un tel carnage qui défile sans interruption, chacune des expirations venant sans suite logique, juste en un amas de troubles.
U : Parfois tout ça me parait si loin et pourtant si intimement ancré en moi, comme si je perdais raison, même si mon instinct ne peux plus me quitter, et puis mon corps voudrait juste courir, courir, fuir loin, très loin, partir sans plus s'arrêter tant que ses muscles tiennent le coup. Le tout est totalement sans dessus-dessous, je n'en peux plus Ahad', j'étouffe, je …
A ce moment, Ahadi l'interrompt en entrechoquant leur museau, lui soufflant son air chaleureux à travers une tendre lèche, comme si tout était calme et dans une sérénité imperturbable. Surprise, elle ouvrit les yeux, sans encore réaliser le sens de cet acte, toujours bouleversée par cette bourrasque. Voyant sa réaction, il s'expliqua.
A : Si tu continuais à expirer, tu allais définitivement manquer d'air pour dire quoi que ce soit de plus.
U : Ah Ahad'…
Déjà moins chargée, elle soupira un ronronnement et se servit de l'air que le lion venait de lui donner pour renvoyer tous les restes de dépression** se perdre, dans celui qui les effacera à jamais par un anticyclone tonitruant qui lui est propre.
U : Je ne veux plus retourner dans leur idiotie du faux bonheur ; j'ai trouvé le vrai et son besoin vital ne me quittera jamais, seulement il me parait si flou, si loin, si absent. Sa seule présence provient de mes pensées les plus profondes, seulement parfois j'en suis lasse et je n'arrive même pas à le retrouver, c'est à peine si je le ressens, je sais qu'il est là, mais son manque de matière m'épuise, et je finis par m'abandonner au sommeil qui peu à peu me régénère l'énergie qui m'anime, comme revenante d'une léthargie. Je perds patience de cette vie que nous allons fonder, que nous allons rendre vivante. Je ne veux pas rater un seul moment de notre vie, pour être déjà dans notre royaume, mais ne pas rater un moment de ma vie ça comprends ne plus agir ainsi, dans ce semblant qu'ils m'agacent à vanter. Je n'ai tout simplement plus le goût à continuer de cette manière.
Toujours attentif, et les yeux rivés sur le visage décrispé de la femelle, Ahadi discernait chaque fois qu'un des traits faciaux se détendait, au gré du débit de ce déchainement d'air. La douleur s'amenuisait pour laisser place à la douce chaleur que lui redonnait le mâle par une nouvelle et intense lèche. Sans la quitter du regard, il prit à son tour la parole, une autre manière de réchauffer l'étoile qui scintille comme un Diamant, comme cela lui va si bien.
A : Que ferais-tu si je mourrais ?
Uru qui finissait de sécher ses larmes en reniflant ne parue pas plus troublée qu'elle ne l'était déjà, et son étonnement était compréhensible.
U : ?? Je ne sais pas.. Mais pourquoi me demandes-tu ça ?
L'idée de perdre sa seule raison d'exister n'eut pas le temps de lui faire frémir l'échine, grâce à la couverture que lui assurait le lion, mais ne manqua pas de lui geler les pensées, que vinrent éclater les propos arrivants :
A : Je suis là, au moins tu sais quoi faire.
Le regard vert chaleureux d'Ahadi lui coupa toute question qui viendrait au plus stupide de sa troupe, seuls ses sens traduisent toutes leurs formes de communication.
A : Rappelle-toi ce soir quand nous nous sommes rencontrés. Nous avions tous deux quitter notre terre natale pour penser l'un à l'autre. Avant cela plusieurs fois on s'est croisé, pour les mêmes raisons, puis peu à peu on s'est apprivoisé à note manière qui nous est propre, et qui se complémentaient. Notre curiosité s'est exprimée, puis nos corps, nos sens, notre être tout entier. Nous nous sommes lancés au même moment pour satisfaire nos envies. Se découvrir ensemble fut retrouver la partie manquante de notre être. Quels sans-vie ferait-on si nous nous étions pas rencontré ? Ce que nous savons, c'est que maintenant, nos cœurs battent en rythme, ressent-le.
Buvant ses paroles, elle ferma les paupières et se concentra sur les pulsions ressenties à travers leur corps en symbiose.
A : Leur cadence n'a pas changé, ils sont ainsi en harmonie depuis toujours, même éloignés ils ne se perdent pas, et tant qu'ils nous font vibrer, on sait quoi faire. Ensemble nous sommes là, rien n'interfère à ce lien. Et tu sais que plus rien ne nous séparera, notre esprit est en osmose, comme le jour et la nuit.
Toujours la peau sur les pupilles, attentive à leurs fibres, elle finit d'écouler la fonte de ses songes***.
U : J'ai juste hâte que l'aube se déclare enfin.
A : Shht. Il arrive, voit les variances de bleu à l'horizon, c'est lui. Partout, à tout moment. Comme elle qui traverse même les déserts****. Ils sont toujours là. Tu n'es plus dans les ténèbres, je suis là. Profite de ce signe de vie. Le jour où je ne serais plus à tes côtés....
La lionne recouvre la vue suite à cette phrase en suspension, observant les lueurs infimes dans le ciel, puis le mâle qui, faisant de même, relie leur regard.
A : N'arrivera pas.
1 future, celle qu'ils prendront, et la terre qu'elle voit autour d'elle
2 jeu de mot avec le facteur climatique défavorable s'appelant « dépression », opposé d'anticyclone
3 jeu de mot avec le fait qu'Ahadi ait gélé, éclater, puis fondu ses soucis qui là s'évaporent en larmes
4 Il s'agit là de l'eau, qui complète avec le soleil la naissance de la vie
© L'Inconnu
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Comments: 4
Saraffy [2010-06-05 00:14:38 +0000 UTC]
Une nouvelle facette de ce couple que j'adore.. ~
(Rien de plus, parce que tu te doutes de tout le reste.)
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LInconnu24 In reply to Saraffy [2010-06-05 00:47:01 +0000 UTC]
J'ai pris soin de leur coller une facette qu'on connait déjà d'eux. Pour le reste, oui je le sais. Je crois qu'il n'y a rien d'autre à dire. Continuons à profiter de nos vies qu'on a de liées, au-delà d'une connexion internet, depuis bien longtemps je me réconforte de mes mauvais passe en pensant aux miens et à nos plus chers moments. Continuons, nous y sommes presque. Je tiens fort à toi Matriarche, passe une douce nuit *lèche*
Ps: j'essaierais de traduire de mon mieux.
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